Les paradis fiscaux

Guy Aurenche, préside l’une des associations engagées contre les paradis fiscaux depuis de nombreuses années. Au regard de l’actualité, il rappelle qu’une stratégie de lutte contre les paradis fiscaux peut être mis en place.

Je suis comme nombre de citoyens, bouleversé par ce que révèlent les aveux du ministre Cahuzac ; mais je ne l’accablerai pas davantage. D’autres se croient autorisés à le faire… et j’ai plutôt honte pour eux. En attendant d’autres révélations contre les donneurs de leçons d’aujourd’hui !

Au-delà des mensonges de Jérôme Cahuzac, le CCFD-Terre Solidaire et quelques autres ONG, suggère au président de la République, François Hollande et Nicolas Sarkozy avant lui, de mettre enfin en œuvre une stratégie de lutte contre les paradis fiscaux. Aujourd’hui, ils sont rejoints par une partie des médias et de l’opinion publique qui découvre l’étendue de l’évasion fiscale et de la finance offshore.

Pourquoi cette paresse complice a-t-elle prévalu si longtemps ? Si des personnes et des entreprises trichent, c’est parce qu’il y des lieux où la tricherie est organisée. En refusant de mettre vraiment en cause les paradis fiscaux, nous sommes indirectement complices des tricheurs !

En voulant faire la lumière, nous n’éliminerons pas toutes les possibilités de tricher mais nous les rendrons plus difficiles … et nous affirmerons que l’éthique n’est pas un luxe. Et si ces officines ne supportent pas la lumière, tels des insectes aveuglés par le jour, et bien supprimons les.

Utopie ? Rien de plus réaliste que d’exiger que soient émises et respectées des règles dans nos relations avec l’argent. Est-ce la jungle que nous léguerons à nos enfants ?

Je crois que les banquiers et organismes financiers peuvent faire des affaires… dans la transparence. Je crois que des entreprises et des particuliers peuvent gagner de l’argent et le placer utilement… dans la transparence.

En voulant  se cacher, les clients des paradis fiscaux avouent être en tort, commettre une faute.  Soit une faute juridique parce que ces avoirs ne sont pas déclarés. Soit une faute morale parce que les gains proviennent de la turpitude, ce qui signifie proviennent des trafics et de l’exploitation d’êtres humains. Derrière ces sommes et ces opérations cachées, il y a des millions de femmes, d’enfants utilisés comme du matériel humain, de travailleurs dont la peine n’est pas récompensée normalement.

En refusant de nous attaquer aux paradis fiscaux, nous encourageons la tricherie. Alors pas de larmes de crocodile quand un responsable est pris la main dans le sac.

Contre le risque du « Tous pourris ! », les politiques, les banquiers, les entrepreneurs, les particuliers  n’ont qu’une réponse possible : mettre l’argent et l’activité économique au service des êtres humains et des communautés.

Certains sont prêts à le faire. C’est juste un question de volonté politique.

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