Les interventions d’ouverture de l’Université

« Pourquoi un nouveau député, arrivant à l’Assemblée nationale, a besoin de créer un cercle de cette nature pour bien vivre politiquement son engagement ? » C’est avec cette question que Dominique Potier, député de Meurthe-et-Moselle, a ouvert l’Université d’automne d’Esprit civique, vendredi 24 octobre. Avec Jean-Philippe Mallé, député des Yvelines, et Thomas Thévenoud, député de Saône-et-Loire, ils ont accueilli les quelques deux cents personnes venues pour débattre autour de l’importance du récit républicain pour la France, pour la gauche.

Quel récit républicain pour la gauche et pour la France ?

Dès la conférence d’ouverture de l’Université d’automne d’Esprit civique, Thomas Thévenoud, député de Saône-et-Loire, Dominique Potier, député de Meurthe-et-Moselle et Jean-Philippe Mallé, député des Yvelines, ont développé leur vision de cette grande interrogation qui a rassemblé plus de deux cent personnes à Cluny, les 25 et 26 octobre derniers.

Pour Thomas Thévenoud, « la réponse que la gauche doit apporter, n’est pas seulement une réponse économique et sociale. Elle doit l’être évidemment, il faut répondre aux difficultés de vie quotidienne, mais cela ne suffit pas ». A ses yeux, l’objectif d’Esprit Civique est justement de dépasser l’action qui répond à un besoin immédiat : « La politique pourrait raconter une histoire, oui, mais elle doit surtout donner du sens, de la perspective. Je pense de ce point de vue là, nous manquons encore de ce grand récit qui est nécessaire pour renouer le contact avec nos concitoyens. »

L’élu a alors détaillé quatre promesses qui peuvent construire le récit de la République : l’école, les institutions de la démocratie, l’Europe et le récit humaniste c’est-à-dire l’altérité. « C’est l’expérience de l’autre, de l’altérité qui doit aussi nous conduire à réinventer, un récit humaniste pour la gauche », a-t-il conclu.

Le temps long

Jean-Philippe Mallé, député des Yvelines, a d’abord noté l’importance d’Esprit civique : « Ce qui fait la singularité, l’originalité de notre cercle, c’est le paradigme de Jérôme Vignon qui a concilié à la fois l’action et la réflexion, toute sa vie, aux côtés de Jacques Delors. L’intéressant dans Esprit civique, nous disait Jérôme Vignon, est que la réflexion nous nourrissent, nous, parlementaires. C’est vraiment ainsi qu’on le vit. » Car, explique-t-il, les parlementaires ont besoin de retrouver le temps long. D’ailleurs, raconte Jean-Philippe Mallé, « le récit républicain vient de loin et normalement, il doit passer par des gens politiques, nous amener dans une direction ». Avant d’ajouter : « Parler du récit républicain, ce n’est pas simplement parler comme cela, cela vient forcément s’appuyer sur la place de l’État, de notre pays, sur la place de la Nation. »

Une société juste

Dominique Potier a quant à lui puisé dans ses souvenirs et ses impressions d’élu récemment arrivé à l’Assemblée Nationale : « Je crois que je suis arrivé à l’Assemblée, pour ma part, avec une double réalité : la première est une richesse héritée ; la deuxième, l’humilité d’une nouvelle expérience. (…) J’ai hérité des champs d’une formation spirituelle, des écoles intellectuelles (…). Je suis un enfant de la formation continue, des héritages de l’éducation populaire et des combats associatifs et des combats professionnels du monde paysan qui sont si proches de ceux du monde ouvrier qui compose la sociologie de l’électorat dont je suis l’élu aujourd’hui.(…) »

« Pour ceux qui parlent de changement à Gauche : ceux qui ont vécu l’expérience d’une entreprise qui dépend de la bonne humeur et des relations entre associés, qui dépend, non pas de théories, mais de la réalité du revenu de son travail et des aléas du marché et du climat… Ceux-là savent qu’on ne roule pas des mécaniques, qu’on est plutôt dans l’humilité, la construction quotidienne de solutions, les unes après les autres. La deuxième humilité, elle est celle d’un élu local, quand on pilote une commune pauvre, ou une communauté de communes en crise industrielle, on apprend l’humilité des budgets équilibrés, de la rigueur qui est la condition de la réussite. »

Il a ensuite expliqué sa vision du récit républicain : pour lui, la question du récit est la question du « juste » : « Qu’est-ce que la vie bonne ? Paul Ricœur nous dit que c’est, somme toute, de donner la capacité à chacun de nous d’avoir une estime de soi, qui se nourrit par la capacité de prendre des décisions qu’on peut justifier, dont on peut rendre compte. Cette estime de soi n’a de sens que si elle se pense avec et pour les autres. Tout cela est insuffisant si cela ne se poursuit pas par la recherche permanente d’institutions justes et dans cette chambre spécifique de la vie publique qu’est l’action politique. »

« Qu’est-ce qui est juste ? Qu’est-ce qu’une institution juste ?, a-t-il conclu. Je pense que c’est celle qui permet dans une société donnée, à un moment donné, à chacun d’avoir une estime pour soi. »

Retrouver les interventions en intégralité ci-dessous :

L’intervention de Thomas Thévenoud

L’intervention de Dominique Potier

L’intervention de Jean-Philippe Mallé

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