L’Europe inachevée : L’Europe, une boussole dans la mondialisation

L'Europe inachevée 3

Pour cette troisième conférence du cycle L’Europe inachevée ?, Esprit Civique a eu l’honneur d’accueillir le 19 juin 2019 la juriste Mireille Delmas-Marty, le philosophe Olivier Abel, la députée Sarah El Haïry et le syndicaliste Thiébaut Weber autour du thème : L’Europe, une boussole dans la mondialisation.

En partant du constat des récentes élections européennes, Mireille Delmas-Marty nous a exposé comment la problématique des oppositions entre les valeurs de liberté et de sécurité, de coopération et de compétition ne pouvaient être résolues par un nationalisme populiste. En effet, dans le cadre de la mondialisation, un simple retour à la primauté des Etats-nations n’est pas possible. C’est là qu’interviendrait l’Europe, à la fois comme structure inter et supra étatique de niveau intermédiaire, et comme possibilité pour chaque nation de se projeter dans un destin planétaire commun. Selon Mireille Delmas-Marty, l’Europe est finalement le dernier recours d’évitement d’une gouvernance mondiale tenue par les superpuissances, une voie possible vers la mondialité (« le passage d’une souveraineté solitaire à une souveraineté solidaire ») articulée autour des notions humanistes que sont l’égale dignité, la créativité responsable, la solidarité planétaire, la fraternité et l’hospitalité.

Pour Olivier Abel, l’Europe s’est affaiblie sur les plans économique, religieux, militaire et politique par peur de son passé. Additionnée aux mutations dont font l’objet les Etats-nations, cette fragilité de l’Europe laisse le terrain libre à un capitalisme sauvage. Face à cela, l’Europe doit ériger de nouveaux espaces politiques et économiques en gardant à l’esprit ses traditions de morales antique et judéo-chrétienne. Loin des standards libéraux d’une société lisse et sans attache, le philosophe décrit une nécessité de recherche de la vérité, d’ancrage moral et d’alliance entre unicité et pluralisme qui permettront à l’Europe de maintenir son cap.

En décrivant le destin commun européen voulu par sa génération, Sarah El Haïry rejoint le discours de Mireille Delmas-Marty. La députée MoDem regrette que personne ne défende plus concrètement cette vision. Pour elle, si ce projet passe par la construction d’une gouvernance excluant tout rapport de force entre nations et dirigée vers le bien commun, il est tout aussi crucial de rappeler la distinction entre personne et individu, et ce faisant, de prendre soin du lien social.

En prenant l’exemple de la régulation des intelligences artificielles dans le cadre européen, Thiébaut Weber aborde la notion de l’équilibre entre éthique et optimisation économique. C’est finalement l’objectif européen qu’il décrit : la volonté de poser des normes qui s’accordent sur un patrimoine commun de valeurs et de liberté où l’humain est au centre des préoccupations, le tout en s’inscrivant dans une compétitivité mondiale.

 

Cliquez ici pour accéder à la retranscription de la conférence :

Retranscription conférence Une Boussole dans la mondialisation

 

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