Comment recréer la confiance ?

Comment dans le désert, puiser à une source vive ? L’expérience nous dit que c’est en partageant de belles histoires vraies. Une réflexion de Dominique Potier, le co-fondateur d’Esprit civique.

Comment dans le désert, puiser à une source vive ? L’expérience nous dit que c’est en partageant de belles histoires vraies.

Un des grands récits fondateur de notre civilisation est « la sortie d’Égypte « . C’est six siècles après l’événement que l’histoire de la libération de l’esclavage est écrite lors d’un autre passage tragique du peuple hébreu. Au cœur de l’exil à Babylone, la mémoire de l’Exode est « mobilisée » pour donner à nouveau le goût de la « terre promise ».

Ici et maintenant, c’est à coup sûr la fin de la deuxième guerre mondiale qui est notre grand récit libérateur. En 1945 notre pays est libre mais c’est un champ de ruine économique et moral. Nouveau temps : ceux qui ont  » tenu bon » dans la grande confusion dessinent, au-delà de leur horizon premier, un grand pacte civique « les jours heureux « .

Qui sont les résistants et les pionniers d’aujourd’hui ?

Dans une Europe cinq fois plus riche que celle de l’après-guerre mais fragilisée par un dessein illisible et la fatigue de ses peuples, dans une France saisie par le doute, ils sont des millions, héros anonymes d’une République ordinaire.

Regardez ceux-ci, prenant le temps du silence pour penser le monde, libres de l’addiction marchande et médiatique. Regardez ces « gens de peu » qui s’entraident pour la fin du mois, la réussite des gamins ou un peu de chaleur dans la nuit. Regardez ceux qui font leur boulot avec passion et patience, donnent leur part de l’effort commun et même un peu plus pour des causes singulières. Regardez ceux-là qui cherchent des solutions pratiques et un sens humain à toutes les transitions contemporaines.

Mine de rien, leurs « styles de vie » tiennent le monde debout et en dessinent le futur. Ils ont, comme un bien commun, le souci de ce qui est fragile, de ce lien qu’Emmanuel Carrère nomme « d’autres vies que la mienne ».

Citoyens « par nature » et pour quelques-uns élus, ils ont pour valeur l’effort, la justice et le respect. Loin de la désinvolture et du mépris du peuple, ces hommes et ces femmes là cultivent la profondeur de champ. Ils aspirent à plus d’oxygène démocratique, à une vie politique qui soit le cadre et le creuset d’une libération des « esclavages » actuels. Leurs paroles et leurs actes sonnent juste.
Et ils savent, au-delà des crises présentes, qu’ « une minute d’ombre ne nous rend point aveugle » (Pablo Neruda)

Comme d’autres, chaque semaine sur tous les terrains, privés comme publics, dans la diversité des territoires comme au niveau national, nous rencontrons ces personnes. Ce sont ces « sources vives » qui nous donnent confiance : leurs belles histoires vraies peuvent fonder un grand récit républicain pour notre Pays.

Tribune publiée à l’origine sur le blog de Dominique Potier sur www.lavie.fr

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *